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Jacques Periault, André Loechel et Michel Arnaud ont introduit
ce séminaire en rappelant
combien l'évolution actuelle du e-learning dans certaines
partie du monde s'avère fulgurante :
plus de 65% des étudiants de l'enseignement supérieur de
certains pays comme
la Thaïlande ou la Turquie, travaillent sur les sites d'Universités
virtuelles, toujours étrangères, généralement nord américaines.
Au-delà
du problème de la reconnaissance du diplôme, il est permis
de s'interroger sur les politique publique des ces états.
Comment les inciter à réagir ? La Banque mondiale a sans
doute un rôle
à jouer dans le domaine. Plus près de nous, la Caisse des
dépôts est au carrefour de ce type d'initiatives, bien qu'il
ne s'agisse pas de simples questions d'équipements.
Le
véritable enjeu est plus complexe et se situe au niveau
d'une phase intermédiaire de réflexion
sur l'usage collectif, réflexion non prise en compte justement
par des organismes comme
la Banque mondiale… Le premier intervenant de ce séminaire
sur les nouvelles formes de travail
et les lieux d'accès aux réseaux fut Monsieur Guy Le Bras,
directeur de Laval Mayenne Technopole.
C'est
en se positionnant sur la question de l'accès du public
à la technologie
que ce projet a vu le jour. L'idée que l'interface était
à terme condamnée à disparaître et que
l'avenir était à l'utilisation de l'image de synthèse de
façon immersive, devait être à l'origine
du pôle de réalité virtuelle de Laval, une ville dont le
point fort n'avait jamais été, jusqu'alors,
les nouvelles technologies…
Trois
temps ont été nécessaires dans cette démarche :
Un événement ponctuel annuel, avec Laval Virtual, les rencontres
internationales de la réalité virtuelle, un rendez vous
qui accueille, depuis 3 ans, les différents acteurs du domaine,
pour échanger, dialoguer et comparer leurs travaux et recherches.
Les prochaines rencontres de Laval Virtual auront lieu du
16 au 20 mai 2001
La création d'un Reality Center, tel que l'on n'en rencontre
seulement 300 dans le monde.
Ce centre propose aux PME un très gros calculateur graphique,
avec vidéo projection
sur un écran de 12 mètres sur 4 et possibilité de manipulation
de l'objet en temps réel.
Il faut savoir que grâce à ce type de calculateur,
Renault a diminué de 80% le nombre de ses prototypes réels
et de 50% le nombre de
crash tests réalisés. Le Reality Center a été inauguré le
25 février 2000 en présence
du Président de la République. Sa présence a permis, par
ailleurs, le démarrage de nouveaux échanges avec le Japon,
des universités américaines et le développement de différents
partenariats, notamment avec le Brésil.
Enfin,
pour mettre un terme à une image pas toujours très bonne
des nouvelles technologies en France, il a été décidé la
création à Laval d'un parc à thème
sur la réalité virtuelle, très axé sur le grand public et
conçu comme un pôle d'acquisition des technologies nouvelles,
dégageant, tout comme le Futuroscope de Poitiers, une importante
fonction symbolique.
Pour en savoir plus : www.laval-technopole.fr
et www.laval-virtual.org/
Le second intervenant fut Monsieur Yannick Landais de l'agence
l'Artesi d'Ile-de-France,
l'Agence Régionale des technologies de l'information et
de l'Internet. Monsieur Landais devait rappeler en préambule
à son intervention que, si dans un pays comme la France,
les mêmes services existent normalement partout, on risque
de voir rapidement se creuser certaines inégalités dans
le domaine des nouvelles technologies.
Le
développement et l'enrichissement à un niveau local sont
donc indispensables, de même que la mise en place d'un système
de formation indépendant de l'existence de lieux dédiés
aux TIC. Le problème principal en Ile-de-France :
la disparité entre communes. On peut citer, en exemple,
de grosse " locomotives " comme Issy-les-Moulineaux ou encore,
une ville comme Clamart , dont la plupart des entreprises
quittent le territoire, mais qui s'est aussi donné les moyens
de réagir, en mettant en place un service
destiné à aider les personnes au chômage avec accès à l'Internet.
L'outil
Internet permet
également de mener des opérations de communication pour
faire venir de nouvelles entreprises
ou motiver de nouvelles relations d'échanges, le Net devenant
ainsi un véritable outil d'enrichissement de la vie locale.
Même chose sur le plan associatif, où l'Internet devient
un nouveau moyen de communication pour les citoyens.
L'approche globale d'Artesi se retrouve
ainsi dans le club des webmasters des sites de villes de
la région Ile-de-France (250 sites
à l'heure actuelle), permettant in fine, la création d'un
grand portail d'entrées, grâce auquel
tout citoyen pourra, par exemple, suivre les débats qui
le concernent au niveau local.
Le
Net est donc clairement un moyen de créer un maillage très
fort entre les 1200
communes d'Ile-de-France, maillage qui se met en place,
du moins en partie, grâce
aux actions menées par l'Artesi.
Séminaire Université de Paris X à la Maison des Sciences
de l'homme Avec la participation
de l'Observatoire des espacces multimédia Sous la direction
d'André Loechel et
Michel Arnaud & la présidence de Jacques Perriault.
La facilitation de l'accès aux TIC pour
le plus grand nombre d'usagers. Le projet Digiport et l'exemple
des cybercentres de
la Région Nord Pas-de-Calais (16/03/01). Hélène Gillas devait,
dans un premier temps,
situer le débat dans un contexte plus général. La région
Nord Pas-de-Calais compte, en effet,
de nombreuses initiatives dans le domaine des TIC, comme
le FIFI, le Festival International
du Film de l'Internet, organisé à Lille, du 26 au 30 mars
2001.
Le contexte semble donc favorable pour cette région qui
"se veut numérique " :
l'association Digiport en pleine création en est
l'une des illustrations. A travers elle, c'est toute la
communauté urbaine de Lille qui s'engage
dans un grand programme en faveur des technologies de l'information
et de la communication. L'enjeu est d'importance : créer
10 000 emplois en dix ans dans le secteur des TIC.
Le
projet repose sur trois pôles : un comité d'orientation
regroupant les principaux acteurs régionaux privés et publics,
un conseil scientifique qui réfléchit aux grandes tendances
de demain et un club d'entreprises servant de lieu d'échanges
et d'édification de projets communs.
Plusieurs
axes de travail se sont dégagés : bâtir un environnement
propice avec universités et centres de recherche ; fédérer
les projets et les initiatives; développer les infrastructures
et les services de télécommunications; structurer l'offre
économique TIC de la communauté urbaine.
Lille-Métropole prévoit l'ouverture de cinq incubateurs
: Euratechnologie, à Lomme, avec 80 000 mètres carrés ouverts
aux entreprises, aux laboratoires de recherche et aux centres
de formation; Saint Art ; La Haute Borne ; Image-Union (Roubaix-Tourcoing),
dédié d'abord à l'image numérique
et à l'audiovisuel, où le CRRAV (Centre régional de ressources
audiovisuelles) tiendra un rôle central; Pont Royal (Lambersart)
pour les entreprises du secteur tertiaire informatique.
Euratechnologie devrait ouvrir ses portes fin 2001. En outre,
Digiport prévoit d'offrir une gamme élargie de services
aux entreprises, grâce, entre autres, à la création d'un
centre de services : conseils en marketing, en ressources
humaines, renseignements sur les tours de table financiers
possibles, aide à l'intégration dans la région… Celui-ci
sera virtuel, accessible par Internet,
avant d'élire domicile à Euratechnologie.
A
travers son projet DigiPort, Lille Métropole affiche clairement
son ambition et son positionnement concurrentiel au niveau
international sur les marchés du e-business et de l'image
numérique.
C'est pourquoi Digiport souhaite s'inscrire désormais au
cœur de réseaux de dimension européenne. Néanmoins, ce projet
s'appuie également sur des thématiques spécifiques : q se
positionner sur une base industrielle
très forte dans le Nord de la France, tournée souvent vers
la VPC, q concilier le virtuel et le réel,
par l'intégration de services auprès des entreprises, q
développer des activités sur des sites forts
et les mettre en réseau, q associer les entreprises impliquées
dans les TIC à la construction
de projets afin d'être en phase avec le marché, q travailler
en liaison avec d'autres projets régionaux.
Les
résultats de la politique de Lille-Métropole dans le domaine
des TIC sont extrêmement
concrets : 35 entreprises ont été accompagnées depuis septembre
2000 et de nombreux projets sont en cours. Parmi ceux-ci,
on retiendra Digiport, bien sûr, mais aussi la création
d'une
Business School de l'Internet. Marie-Hélène Ferron devait
intervenir à son tour pour revenir sur la politique de création
de cybercentres en région Nord Pas-de-Calais.
A
l'origine, la réflexion portait essentiellement sur la volonté
de toucher le public des plus démunis. 89 cybercentres ont
vu
le jour dans la région, l'objectif étant d'en ouvrir 200
d'ici 2002. La charte de départ prévoit une configuration
type de 8 postes en réseau et 2 animateurs choisis pour
leur complémentarité : généralement un informaticien et
une personne plutôt tournée vers l'accueil du public.
On
est ici sur le principe de développement de projets individuels
ou associatifs :
en aucun cas ces cybercentres ne doivent être perçus comme
des centres de consommation
de l'Internet.
Les projets choisis doivent toucher tous les publics, le
but étant de favoriser la sensibilisation
du plus grand nombre par le biais d'initiatives locales.
Des rencontres thématiques sont organisées
4 fois par an sur les besoins des animateurs de projets.
Parallèlement, un outil statistique est actuellement mis
en place sur tous les sites, afin de définir le profil des
personnes qui viennent dans ces cybercentres et quelles
sont les évolutions de leurs besoins spécifiques.
Plusieurs
actions ont ainsi pu être développées, comme la mise en
relation de 3 cybercentres avec le Centre des Impôts et
la trésorerie générale. De telles initiatives bénéficient
d'excellents retours et d'autres partenariats du même type
seront montés dans l'avenir.
C'est
le maillage potentiel de 1,6 millions d'habitants, sur les
4 millions que compte la région
Nord Pas-de-Calais, qui est ici en jeu.
Les taux de fréquentation des cybercentres de la région
sont variables : certains sont surchargés, d'autres n'ouvrent
que l'après-midi. Une majorité de jeunes constitue le public
de base de ces cybercentres, mais on assiste peu à peu à
l'émergence de personnes âgées, attirés par le biais d'associations
ou grâce aux meilleurs des médiateurs : leurs petits enfants.
La
réussite de certains centres provient d'ailleurs parfois
de leur structure, pas exclusivement branchée sur les nouvelles
technologies. Ainsi le passage de femmes d'origine immigrée
vers l'informatique a pu se faire à partir d'activités différenciées
comme la couture ou la cuisine.
C'est
sans doute pourquoi il semble aussi important de favoriser
la création de cybercentres dans des espaces existants au
préalable. André Loechel a demandé en conclusion à Jean
François d'esquisser un panorama global des lieux publics
d'accès à Internet en France et des dispositifs mis en place
à cette fin.
La
présentation peut être consultée sur le site www.arenotech.org
ou www.espaces-multimedia.org.
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