SEMINAIRES

Voir la rubrique "colloques" sur le site portail http://www.arenotech.org

 

ESPACES MULTIMEDIA ET TERRITORIALITES

Développement économique et culturel en tenant compte des caractéristiques
des zones concernées : grandes métropoles et zones urbanisées.

Séminaire Université de Paris X
Maison des Sciences de l'homme
- 19 janvier 2001
Sous la direction d'André Loechel et Michel Arnaud & la présidence de Jacques Perriault

Ce séminaire organisé par l'Université de Paris X en collaboration avec
ARENOTECH/Observatoire des Espaces Multimédia associe les différentes structures intervenantes à une réflexion alimentée par des experts du domaine.

Il a été ouvert par Michel Arnaud et André Loechel sous la présidence de Jacques Perriault. Aujourd'hui, des centaines de communautés territoriales mettent en route des projets
de cybercentres sans avoir accès à des résultats vérifiables concernant l'évaluation d'expérimentations similaires d'accès publics aux réseaux et les leçons susceptibles
d'en être tirées. 500 cyberbases devant être prochainement financées par la Caisse des Dépôts,
la Cité des Sciences est chargée de former les 2500 emplois jeunes qui animeront ces lieux publics d'accès.

Des demandes similaires émanent des Chambres des Métiers. La mise en ligne du patrimoine culturel et scientifique par les partenaires publics et privés relayé par les collectivités territoriales avec la mise en place de portails d'accès, amène des questions relatives à l'ergonomie la plus adaptée, le meilleur rapport texte-image, l'usage des plug-ins à identifier et tester, afin de définir
les meilleures procédures de construction des connaissances dans ce domaine comme dans d'autres.

L'arrivée des terminaux sans fil fait qu'une prévision des usages, bien qu'aléatoire
au-delà de 18 mois, débouche sur la possible mise en place d'espaces virtuels multimédias
de nouvelle génération avec un processus d'accumulation du savoir au moyen des sites personnels.

L'essai de nouveaux outils tels le Web TV, mis à disposition des usagers des centres publics d'accès aux réseaux, doit se faire à nos yeux dans des scénarios de mise en synergie
avec le tissu économique local innovant, qu'il convient de soutenir par des mesures d'accompagnement le cas échéant.
Le premier intervenant de ce séminaire fut Monsieur Jérôme Despres, coordinateur multimédia
à Amiens métropole. Il devait ainsi souligner l'important retard numérique pris dans la région
et la volonté de la ville de développer les NTIC, afin de faire venir de nouvelles entreprises et d'insuffler la culture numérique. En novembre 1999, le projet a été lancé sur un total de 35 sites.

Chaque site comprend entre 10 et 15 machines et les connections devraient bientôt passer en ADSL. Depuis la création du projet, 13 000 personnes de 5 à 89 ans ont été touchées.
40% ont entre 15 et 25 ans. L'accès est entièrement gratuit. Pour faire face à une
relative méfiance du public, des lieux réflexes ont été choisis pour implanter ces cyberbases : annexe de mairie, lieux ouverts.

Ces ateliers sont souvent placés près des arrêts de bus pour en faciliter l'accès et afin
d'assurer un maillage du territoire. Le travail se fait sur deux axes : l'alphabétisation numérique
et la sensibilisation aux outils du Web. Des projets pédagogiques organisés en partenariat avec
des écoles peuvent faire l'objet de convention. Le travail peut aussi se faire avec des associations pour la création de pages Web. Une centaine d'animateurs travaillent sur ce projet.

Ils fonctionnent en binôme sur les gros sites dotés de 15 machines afin d'éviter tout désarroi
dans le public. Des créneaux sont parfois réservés aux retraités ou aux femmes au foyer.
Ces sites deviennent peu à peu de véritables points de chute intergénération et participent
de plus en plus à la vie des communes.

Un portail ressources devrait être prochainement développé avec la possibilité de s'inscrire
en ligne : autour d'Amiens métropole se crée aujourd'hui une véritable communauté virtuelle.
Le second intervenant fut Monsieur Guillaume Force, coordinateur multimédia de la cyberbase
de Vesoul.

Il devait préciser les nombreuses similitudes avec le projet d'Amiens Métropole,
en insistant sur les besoins du public et sur la volonté de créer une dynamique et un véritable
lieu de rencontre. La cyberbase de Vesoul comprend 12 postes en réseau avec 4 animateurs
en permanence. Depuis juin 1999, 2000 personnes ont été touchées.

Cette cyberbase constitue également une forme d'appui logistique pour le projet d'intranet
équipant 113 postes dans les écoles de la ville. Complètement intégrée à la ville,
au milieu du tissu commerçant, elle joue donc ici également un rôle d'initiation,
en particulier lorsqu'elle favorise l'implantation de stagiaires en entreprise.

 

NOUVELLES FORMES DE TRAVAIL ET LIEUX D'ACCES AUX RESEAUX.

Les telecottages, les bureaux de proximité, la Net économie et la création d'emploi.

Séminaire Université de Paris X
Maison des Sciences de l'homme - 23 février 2001
Sous la direction d'André Loechel et Michel Arnaud & la présidence de Jacques Perriault.

 


Jacques Periault, André Loechel et Michel Arnaud ont introduit ce séminaire en rappelant
combien l'évolution actuelle du e-learning dans certaines partie du monde s'avère fulgurante :
plus de 65% des étudiants de l'enseignement supérieur de certains pays comme
la Thaïlande ou la Turquie, travaillent sur les sites d'Universités virtuelles, toujours étrangères, généralement nord américaines.

Au-delà du problème de la reconnaissance du diplôme, il est permis de s'interroger sur les politique publique des ces états. Comment les inciter à réagir ? La Banque mondiale a sans doute un rôle
à jouer dans le domaine. Plus près de nous, la Caisse des dépôts est au carrefour de ce type d'initiatives, bien qu'il ne s'agisse pas de simples questions d'équipements.

Le véritable enjeu est plus complexe et se situe au niveau d'une phase intermédiaire de réflexion
sur l'usage collectif, réflexion non prise en compte justement par des organismes comme
la Banque mondiale… Le premier intervenant de ce séminaire sur les nouvelles formes de travail
et les lieux d'accès aux réseaux fut Monsieur Guy Le Bras, directeur de Laval Mayenne Technopole.

C'est en se positionnant sur la question de l'accès du public à la technologie
que ce projet a vu le jour. L'idée que l'interface était à terme condamnée à disparaître et que
l'avenir était à l'utilisation de l'image de synthèse de façon immersive, devait être à l'origine
du pôle de réalité virtuelle de Laval, une ville dont le point fort n'avait jamais été, jusqu'alors,
les nouvelles technologies…

Trois temps ont été nécessaires dans cette démarche :
Un événement ponctuel annuel, avec Laval Virtual, les rencontres internationales de la réalité virtuelle, un rendez vous qui accueille, depuis 3 ans, les différents acteurs du domaine,
pour échanger, dialoguer et comparer leurs travaux et recherches.

Les prochaines rencontres de Laval Virtual auront lieu du 16 au 20 mai 2001
La création d'un Reality Center, tel que l'on n'en rencontre seulement 300 dans le monde.
Ce centre propose aux PME un très gros calculateur graphique, avec vidéo projection
sur un écran de 12 mètres sur 4 et possibilité de manipulation de l'objet en temps réel.

Il faut savoir que grâce à ce type de calculateur,
Renault a diminué de 80% le nombre de ses prototypes réels et de 50% le nombre de
crash tests réalisés. Le Reality Center a été inauguré le 25 février 2000 en présence
du Président de la République. Sa présence a permis, par ailleurs, le démarrage de nouveaux échanges avec le Japon, des universités américaines et le développement de différents partenariats, notamment avec le Brésil.

Enfin, pour mettre un terme à une image pas toujours très bonne
des nouvelles technologies en France, il a été décidé la création à Laval d'un parc à thème
sur la réalité virtuelle, très axé sur le grand public et conçu comme un pôle d'acquisition des technologies nouvelles, dégageant, tout comme le Futuroscope de Poitiers, une importante
fonction symbolique.

Pour en savoir plus : www.laval-technopole.fr et www.laval-virtual.org/
Le second intervenant fut Monsieur Yannick Landais de l'agence l'Artesi d'Ile-de-France,
l'Agence Régionale des technologies de l'information et de l'Internet. Monsieur Landais devait rappeler en préambule à son intervention que, si dans un pays comme la France, les mêmes services existent normalement partout, on risque de voir rapidement se creuser certaines inégalités dans le domaine des nouvelles technologies.

Le développement et l'enrichissement à un niveau local sont donc indispensables, de même que la mise en place d'un système de formation indépendant de l'existence de lieux dédiés aux TIC. Le problème principal en Ile-de-France :
la disparité entre communes. On peut citer, en exemple, de grosse " locomotives " comme Issy-les-Moulineaux ou encore, une ville comme Clamart , dont la plupart des entreprises quittent le territoire, mais qui s'est aussi donné les moyens de réagir, en mettant en place un service
destiné à aider les personnes au chômage avec accès à l'Internet.

L'outil Internet permet
également de mener des opérations de communication pour faire venir de nouvelles entreprises
ou motiver de nouvelles relations d'échanges, le Net devenant ainsi un véritable outil d'enrichissement de la vie locale. Même chose sur le plan associatif, où l'Internet devient un nouveau moyen de communication pour les citoyens.

L'approche globale d'Artesi se retrouve
ainsi dans le club des webmasters des sites de villes de la région Ile-de-France (250 sites
à l'heure actuelle), permettant in fine, la création d'un grand portail d'entrées, grâce auquel
tout citoyen pourra, par exemple, suivre les débats qui le concernent au niveau local.

Le Net est donc clairement un moyen de créer un maillage très fort entre les 1200
communes d'Ile-de-France, maillage qui se met en place, du moins en partie, grâce
aux actions menées par l'Artesi.


Séminaire Université de Paris X à la Maison des Sciences de l'homme Avec la participation
de l'Observatoire des espacces multimédia Sous la direction d'André Loechel et
Michel Arnaud & la présidence de Jacques Perriault.

La facilitation de l'accès aux TIC pour
le plus grand nombre d'usagers. Le projet Digiport et l'exemple des cybercentres de
la Région Nord Pas-de-Calais (16/03/01). Hélène Gillas devait, dans un premier temps,
situer le débat dans un contexte plus général. La région Nord Pas-de-Calais compte, en effet,
de nombreuses initiatives dans le domaine des TIC, comme le FIFI, le Festival International
du Film de l'Internet, organisé à Lille, du 26 au 30 mars 2001.

Le contexte semble donc favorable pour cette région qui "se veut numérique " :
l'association Digiport en pleine création en est
l'une des illustrations. A travers elle, c'est toute la communauté urbaine de Lille qui s'engage
dans un grand programme en faveur des technologies de l'information et de la communication. L'enjeu est d'importance : créer 10 000 emplois en dix ans dans le secteur des TIC.

Le projet repose sur trois pôles : un comité d'orientation regroupant les principaux acteurs régionaux privés et publics, un conseil scientifique qui réfléchit aux grandes tendances
de demain et un club d'entreprises servant de lieu d'échanges et d'édification de projets communs.

Plusieurs axes de travail se sont dégagés : bâtir un environnement propice avec universités et centres de recherche ; fédérer les projets et les initiatives; développer les infrastructures et les services de télécommunications; structurer l'offre économique TIC de la communauté urbaine.
Lille-Métropole prévoit l'ouverture de cinq incubateurs : Euratechnologie, à Lomme, avec 80 000 mètres carrés ouverts aux entreprises, aux laboratoires de recherche et aux centres de formation; Saint Art ; La Haute Borne ; Image-Union (Roubaix-Tourcoing), dédié d'abord à l'image numérique
et à l'audiovisuel, où le CRRAV (Centre régional de ressources audiovisuelles) tiendra un rôle central; Pont Royal (Lambersart) pour les entreprises du secteur tertiaire informatique.

Euratechnologie devrait ouvrir ses portes fin 2001. En outre, Digiport prévoit d'offrir une gamme élargie de services aux entreprises, grâce, entre autres, à la création d'un centre de services : conseils en marketing, en ressources humaines, renseignements sur les tours de table financiers possibles, aide à l'intégration dans la région… Celui-ci sera virtuel, accessible par Internet,
avant d'élire domicile à Euratechnologie.

A travers son projet DigiPort, Lille Métropole affiche clairement son ambition et son positionnement concurrentiel au niveau international sur les marchés du e-business et de l'image numérique.
C'est pourquoi Digiport souhaite s'inscrire désormais au cœur de réseaux de dimension européenne. Néanmoins, ce projet s'appuie également sur des thématiques spécifiques : q se positionner sur une base industrielle
très forte dans le Nord de la France, tournée souvent vers la VPC, q concilier le virtuel et le réel,
par l'intégration de services auprès des entreprises, q développer des activités sur des sites forts
et les mettre en réseau, q associer les entreprises impliquées dans les TIC à la construction
de projets afin d'être en phase avec le marché, q travailler en liaison avec d'autres projets régionaux.

Les résultats de la politique de Lille-Métropole dans le domaine des TIC sont extrêmement
concrets : 35 entreprises ont été accompagnées depuis septembre 2000 et de nombreux projets sont en cours. Parmi ceux-ci, on retiendra Digiport, bien sûr, mais aussi la création d'une
Business School de l'Internet. Marie-Hélène Ferron devait intervenir à son tour pour revenir sur la politique de création de cybercentres en région Nord Pas-de-Calais.

A l'origine, la réflexion portait essentiellement sur la volonté de toucher le public des plus démunis. 89 cybercentres ont vu
le jour dans la région, l'objectif étant d'en ouvrir 200 d'ici 2002. La charte de départ prévoit une configuration type de 8 postes en réseau et 2 animateurs choisis pour leur complémentarité : généralement un informaticien et une personne plutôt tournée vers l'accueil du public.

On est ici sur le principe de développement de projets individuels ou associatifs :
en aucun cas ces cybercentres ne doivent être perçus comme des centres de consommation
de l'Internet.
Les projets choisis doivent toucher tous les publics, le but étant de favoriser la sensibilisation
du plus grand nombre par le biais d'initiatives locales. Des rencontres thématiques sont organisées
4 fois par an sur les besoins des animateurs de projets. Parallèlement, un outil statistique est actuellement mis en place sur tous les sites, afin de définir le profil des personnes qui viennent dans ces cybercentres et quelles sont les évolutions de leurs besoins spécifiques.

Plusieurs actions ont ainsi pu être développées, comme la mise en relation de 3 cybercentres avec le Centre des Impôts et la trésorerie générale. De telles initiatives bénéficient d'excellents retours et d'autres partenariats du même type seront montés dans l'avenir.

C'est le maillage potentiel de 1,6 millions d'habitants, sur les 4 millions que compte la région
Nord Pas-de-Calais, qui est ici en jeu.
Les taux de fréquentation des cybercentres de la région sont variables : certains sont surchargés, d'autres n'ouvrent que l'après-midi. Une majorité de jeunes constitue le public de base de ces cybercentres, mais on assiste peu à peu à l'émergence de personnes âgées, attirés par le biais d'associations ou grâce aux meilleurs des médiateurs : leurs petits enfants.

La réussite de certains centres provient d'ailleurs parfois de leur structure, pas exclusivement branchée sur les nouvelles technologies. Ainsi le passage de femmes d'origine immigrée vers l'informatique a pu se faire à partir d'activités différenciées comme la couture ou la cuisine.

C'est sans doute pourquoi il semble aussi important de favoriser la création de cybercentres dans des espaces existants au préalable. André Loechel a demandé en conclusion à Jean François d'esquisser un panorama global des lieux publics d'accès à Internet en France et des dispositifs mis en place à cette fin.

La présentation peut être consultée sur le site www.arenotech.org ou www.espaces-multimedia.org.

 
Suite du séminaire le 6 avril, le 18 mai et le 15 juin : www.arenotech.org