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Lorsque l’Observatoire a été
créé - avec, dès l’origine, un statut associatif spécifique
-, c’était dans le contexte des premières analyses relatives
à la genèse d’une nouvelle économie de la connaissance et
au développement, à l’instar d’une ONG comme ARENOTECH,
de communautés de savoir.
Comme le soulignaient alors
des travaux universitaires comme ceux de Paul David et de
Dominique Foray, il apparaissait clairement qu’une
économie du savoir supposait trois constituants :
- une communauté de
production et de reproduction de nouvelles connaissancesque
formait depuis le printemps 1996 l’Association
européenne Art - Education - Nouvelles Technologies
- un réseau d’analyse de l’utilisation intensive des
infotechnologies pour codifier et transmettre les
connaissances nouvelles qu’était l’Association des Villes
Numériques devenue dès 2001 Réseau
européen des Villes Numériques, attaché
surtout à la révolution des instruments du savoir et à
leur impact à l’échelle territoriale
- mais aussi un observatoire
des espaces d’échange et de circulation des savoirs
qu’avait vocation à être l’Observatoire européen
des Espaces Multimédia.
Dès l’abord, l’Observatoire
s’est donné pour mission de démystifier les rhétoriques
du fossé numérique, non pas certes pour en nier l’existence,
mais pour rappeler que l’enjeu ne résidait que fort peu
dans la possession seulement d’un outil, mais avant tout
dans la possession de compétences génériques d’apprentissage
et dans la capacité à engendrer une accumulation à savoir
et à mettre en œuvre des processus de structuration de connaissances.
Il s’agissait donc de porter
toute son attention sur ce que serait la géographie de
cette économie de la connaissance et de ses lieux
et espaces : il ne saurait s’agir en aucune manière
d’une recension ludique des espaces publics de mise à disposition
d’un matériel informatique et d’une éventuelle formation
à sa simple manipulation. Sans vocation économique particulière
et encore moins d’ambition en matière de formation de haut
niveau, sans dispositif donc de création et de gestion de
compétences, de tels lieux ont vite fait d’apparaître au
mieux comme la traduction physique d’une rhétorique totalement
dépourvue de repères historiques et culturels.
L’observation commence à bénéficier
d’un réel intérêt lorsque l’on se trouve en présence d’espaces
dits « intelligents » - vecteurs donc,
étymologiquement, d’une meilleure compréhension -, bénéficiant
par exemple d’un Internet ambiant et, de manière générale,
de toute la superstructure invisible que forment aujourd’hui
les réseaux sans fil au-dessus d’un territoire. Lorsque
peuvent se développer des pratiques de marquage de l’espace
ou encore que l’urbanisme et l’aménagement des espaces publics
se doivent de tenir compte de nouvelles manières de communiquer
et d’apprendre. Lorsque se développent de nouvelles pratiques
de mobilité et de curiosité par rapport aux espaces,
de découverte donc et d’apprentissage. Même si au demeurant
un « espace multimédia » n’est nullement public
par essence : on sait le rôle sociologiquement majeur
de l’utilisation domestique des outils numériques et
d’ailleurs l’imbrication de plus en plus forte des espaces
privés et publics.
Ce sont tous les mécanismes
d’échange et de circulation des connaissances ainsi créés
que l’Observatoire et son site auront à développer, en liaison
étroite avec le Club
d’Analyse Prospective et ceux qui souhaiteront partager
ces analyses et leurs résultats.
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